
Un peu d'Histoire
L'idée d'un canal de jonction entre Loire et Seine par l'Yonne remonte au règne d'Henri IV. La communication devait primitivement se faire "par l'étang d'Aron" comme point de partage entre la rivière de Nièvre, du côté de la Loire, et la rivière du Beuvron qui se jette dans l'Yonne, du côté de la Seine.
Mais l'affaire ne resta qu'à l'état d'un projet qui, de temps à autre, resurgissait. Ce furent les problèmes d'approvisionnement de Paris en bois de chauffage qui le firent se concrétiser.
En cette fin de 18 ème siècle, le flottage des bois du Morvan, bien qu'ayant pris
une ampleur considérable ne suffisait pas satisfaire les besoins croissants de la
capitale (l'hiver catastrophique 1782-
On décide en particulier d'adjoindre aux bois des forêts morvandelles, sur le versant
de la Seine, ceux du Bazois, sur le versant Loire. Et pour que ceux-
Les travaux malgré les difficultés de toutes sortes vont bon train et, début mai 1786, MM. Boussuet et Condorcet, Commissaires de l'Académie des Sciences vont pouvoir faire une tournée d'inspection et rédiger un rapport qui changera radicalement la destination de l'ouvrage en cours.
Ils conclurent en effet qu'il y a intérêt à ne pas se contenter d'un canal de flottage mais de faire un canal de navigation qui peut se continuer jusqu'à Cravant, lieu où l'Yonne est navigable.
Malgré nombre d'objections et de contestations, ce rapport sera adopté, et ce sont maintenant des travaux d'une ampleur bien plus considérable qui vont être entrepris.
En particulier, le petit souterrain destiné simplement à l'écoulement des bûches va faire place aux célèbres voûtes de La Collancelle.
Désormais, la gestion en régie, dans laquelle des fautes notoires avaient été révélées va être remplacée par des adjudications aux entrepreneurs.
Que de rêves, au sujet de la rentabilité future du canal : les charbons du Charollais,
les épices du Levant et du Midi, les soieries de Provence, les armes du Forez, les
cuirs de Châlon-
Nous sommes en avril 1791. Ironie du sort les travaux se sont arrêtés fin mars et ne reprendront pas avant l' Empire. De 1792 à 1807, le chantier est abandonné : ce qui n'empêche pas la polémique de continuer. Partisans de canal de flottage et de navigation s'affrontent en querelles alors bien inutiles...
En 1807, même le Ministère des Finances voulait vendre les terrains que l'Etat avait
achetés pour la construction du canal. Auparavant, un rapport sur la réelle utilité
de celui-
Contrairement sans doute à ce qu'on attendait de lui, celui-
Il se fait l'ardent défenseur de l'abandon de la vente des terrains et de la reprise des travaux, arguant sur "l'augmentation effrayante et progressive du bois de chauffage à Paris".
Il sera suivi, et dès 1809 le chantier reprend vie. Reprise bien éphémère, puisqu'il sera de nouveau abandonné en 1812 pour une dizaine d'années!...
En 1822 ce ne sera ni la navigation, ni l'approvisionnement de Paris qui le feront renaître, mais la nécessité d'ouvrir et de reprendre de grands chantiers pour résorber le chômage. Le 14 août Louis XVIII affectera la somme énorme de 8 millions de francs au canal du Nivernais. Mais dans quel état étaient les talus et les écluses, écluses qui ne correspondaient plus, d'ailleurs, aux nouvelles normes imposées!
En 1824, on décide l'extension du canal jusqu'à Auxerre. Mais n'est-
Certains ne considèrent-
Par ailleurs, le commerce du bois ne commence-
La polémique reprend. Les intéressés au flottage s'insurgent. Toute la vie économique d'une région est en jeu... En vain, les travaux continuent et le 22 avril 1834 un premier bateau venant de Coulanges sur Yonne arrive à Clamecy pour en repartir le lendemain, chargé de pierres de Chevroches et de tous les notables de la région.
En 1838, la portion "la Chaise-
En 1839, c'est au tour de la section Anizy-
En 1841 les travaux de percement des tunnels sont achevés ; l'inauguration officielle aura lieu le 1 er mars. Quant à l'ouverture réelle au trafic, elle n'aura lieu que le 15 du même mois.
Cependant, l'alimentation du point du partage des eaux reste déficiente et il faudra attendre encore deux ans, en 1843 pour que l'aqueduc de Montreuillon et la rigole d'Yonne soient achevés. A cette date seulement, le canal pourra être considéré comme terminé et les travaux ultérieurs concerneront seulement l'amélioration de l'ensemble.
Il est indéniable que le canal du Nivernais a donné des débouchés aux carrières de la Manse ou de Chevroches, aux gravières de Corbigny, aux Houillères de la Machine, aux céréales nivernaises, mais il restera avant tout le canal du bois.
La circulation de ces énormes radeaux que sont les trains de bois étant entravée par la canalisation de l'Yonne, les péniches prirent la relève, pour peu de temps, l'ère du bois "chauffage au bois", était bien finie.
Et simultanément celle des petits canaux.
La Société des produits Chimiques de Clamecy, l'une des plus importantes usines de carbonisation du bois va encore utiliser le canal durant quelques décennies.
Va-
Heureusement, les années 70 vont lui ouvrir un nouveau destin. Frappés par la hardiesse des ouvrages d'art, la qualité des paysages traversés,
l'originalité de la conception, les touristes voient en lui le point de départ pour
un voyage au-
(Extrait du guide touristique édité par le Pays d'accueil touristique Canal du Nivernais
Maison
du Bazois 58110 ALLUY)

