Canal et train du Nivernais: même histoire, même combat

Sur le versant Yonne du canal du Nivernais, on retrouve les trois infrastructures de transport classiques: la voie d'eau (canal + rivière), la voie de chemin de fer Auxerre-Cravant-Corbigny, et la route (D606 + D951), apparues dans cet ordre, et chacune concurrencée par la suivante. Après des siècles sur de mauvais chemins, le transport des marchandises a été transféré sur le canal dès son ouverture. Plus efficace, plus sûr. Malgré cela, il sera rapidement concurrencé par le train qui finira par lui ravir toutes ses parts de marché, vers 1950. Contrairement à ses voisins (canal de Berry, canal d'Orléans...), notre canal a eu une seconde vie avec la plaisance fluviale. Celle-ci a démarré dans les années 1970, a cru jusque dans les années 1990-2000, puis a amorcé une stagnation, voire une régression.

 

Le train, apparu un peu avant 1900, a joué un rôle important dans le développement économique de nos régions, et a contribué à son accessibilité. Il a connu des hauts et des bas: deux guerres, la création de la SNCF (1938), les lois de décentralisation (1983) et la création des TER.

Il a subi l'évolution des modes de consommation et de transports individuels, si bien que sa pertinence se retrouve aujourd'hui mise en cause par nos gestionnaires. Tout comme notre canal il y a cinquante ans.

 

Seul fait nouveau par rapport au canal, une mobilisation indigène sans précédent, pour contrer un projet du Conseil Régional, l'autorité organisatrice des transports, de supprimer de nombreux arrêts TER sur les lignes Auxerre-Clamecy et Auxerre-Avallon. Autant les riverains se sentaient (se sentent encore) étrangers au canal, autant ils ont montré un fort attachement à leur train, et l'ont fait savoir lors de réunions publiques parfois houleuses, qui ont rassemblé plus de monde qu'il n'y a de passagers dans le train.

 

Outre les besoins spécifiques à chaque infrastructure (écluses d'un côté, rails de l'autre), elles partagent le même bassin de vie, les mêmes habitants, les mêmes touristes, les mêmes services et les mêmes paysages, et au final une histoire semblable.

Et même si elles s'ignorent, elles sont complémentaires, le train amenant des gens au canal, et le canal amenant des gens au train.

 

A l'heure où l'avenir de ces deux moyens de transports s'annonce difficile, n'y aurait-il pas intérêt à rassembler nos énergies, nous amis du canal avec les amis du train, et préparer l'après SNCF? Après tout, nous sommes tous des amis du Nivernais.


L.R.


" Dernière bataille du rail" au sud d'Auxerre ?...

Par le vice-président de Rail Vaux d'Yonne (Rigole 56, hiver 2015)

Depuis 1870, nos vallées de l’Yonne, de la Cure et du Cousin sont structurées par une voie ferrée complémentaire à la route et au canal du Nivernais. Les flux en direction d’Auxerre et Paris immémoriaux s’en sont trouvés accentués. Populations morvandelles, de Basse Bourgogne et du Nivernais se sont appropriées cette nouvelle facilité pour bénéficier de ce statut consistant à avoir un pied à la ville (Auxerre et Paris) et un pied à la campagne : vins, bois, pierres… nourrices, résidents secondaires, retraités souvent originaires de l’Avallonais et du Nivernais, touristes et artistes français et étrangers, « rurbains » aujourd’hui, grâce à Internet par exemple.

Le charme de nos vallées à 200 km de Paris a été multiplié du fait de cette qualité de vie des villages résultant des dessertes multiples, notamment vers les hauts-lieux tels que Vézelay, Arcy, le Saussois, rivière et canal.

 

En ce qui concerne le train : depuis cinq ans, malgré des rames et des voies neuves payées par les collectivités, une politique commerciale de terrain indigente (plus de guichet, plus de contrôleur la plupart du temps, des affiches-horaires illisibles) a conduit à une fréquentation stagnante ou non prise en compte, du fait de la difficulté à acquérir un titre de transport.

Et ceci, en dépit de huit relations journalières dans chaque sens (en comptant les trois cars rejoignant le train à Cravant) et un temps de parcours compétitif pour les meilleurs relations (2h10 pour les 200 km séparant Mailly de Paris).

Lors de réunions cycliques avec la SNCF, le Conseil régional et les élus locaux, l’association Rail Vaux d’Yonne a essayé de faire prendre en compte ces carences qui conduisaient inéluctablement et à court terme à une remise en cause globale du système.

 

Dans le contexte de recherche d’économies actuel, sous prétexte de gagner du temps, en septembre 2014, le Conseil régional, par la voix de son vice-président M. Neugnot, nous a présenté son projet consistant à supprimer de très nombreux arrêts y compris Mailly, Coulanges, Arcy, Vermenton, Vincelles, etc., mais sans d’ailleurs évoquer d’une manière quelconque les gains de vitesse de 90 à 110 km/h pourtant promis lors des travaux de renouvellement des voies.

S’y ajoutait l’instauration de relations par cars, également quasi-directes, Avallon-Auxerre et Clamecy-Auxerre, pour pallier la suppression de la moitié des trains existants.

 

Face à cette régression, à la suite d’une réunion à Mailly-la-Ville des élus et de la population de toute la région, des motions et des délibérations ont été votées.

 

Rudes débats avec le Conseil régional et la SNCF à Clamecy et Avallon (200 personnes) manifestations au siège du Conseil régional à Dijon, interventions à la télévision et sur les radios locales ont fait légèrement évoluer le projet présenté définitivement à Cravant par MM. Patriat et Neugnot, président et vice-président, lors de deux réunions successives le 1er décembre 2014.

 

 

Les évolutions sont les suivantes : les arrêts de Tannay, Coulanges, Mailly, Vermenton et Champs sont rétablis, mais nous nous attirons un refus total pour Arcy, pourtant connu internationalement, ainsi que pour une alternance d’arrêts entre Champs et Vincelles pour des raisons obscures de « lisibilité » !

La purge reste sévère : trois trains seulement au lieu des cinq plus trois cars actuels, changements à Laroche quasi-systématiques, temps d’attente de 10 minutes ritualisé à Laroche, des cars qui ne viendront pas en complément des trains, mais qui se rendront directement de Coulanges à Auxerre sans desservir la vallée de l’Yonne, abandon du point de jonction car/train à Cravant ainsi que des jonctions entre trains à la même gare, simples promesses pour la délivrance de renseignements et de billets sur un plan local.

 

Tous les facteurs sont ainsi rassemblés pour faire un pas de plus dans la désaffection du voyageur vis-à-vis du rail jusqu’à Auxerre.

 

Nous craignons la dernière étape qui viendra avec l’électrification de Laroche-Auxerre qui n’apportera ni gain de temps ni gain de régularité à moins de rétablir préalablement les quelques kilomètres de double voie manquants depuis 1942.

 

Nous faisons nôtre cette déclaration faite par des artistes dans L’Yonne Républicaine du  3 janvier 2015 et récemment implantés, comme beaucoup d’autres, dans notre belle région :

« Si on veut vider une région, on vide ses transports ferroviaires. »

 

Le débat est loin d’être clos.


Janvier 2015, Le vice-président de Rail Vaux d'Yonne

                                                                                 

RAIL VAUX D’YONNE, Mairie de Clamecy, 58500 CLAMECY

Association d’usagers de la ligne de Chemin de fer au sud d’Auxerre

Site internet : http://railvauxdyonne.net16.net

Courriel : rvy@orange.fr

Adhésion annuelle : 12 €


Rejoindre le Canal du Nivernais par le rail !

Par Michel Belin, Président de l'association Rail Vaux d'Yonne (Rigole n°51, printemps-été 2012)

Les haltes et ports d’Accolay, de Vermenton, de Mailly-la-ville, de Châtel-Censoir, de Coulanges–sur-Yonne, et Clamecy etc. sont situées à moins d’un kilomètre des gares SNCF. En semaine huit relations ferroviaires desservent par jour chacune de ces gares ..... Et pourtant. Les indications portées à la connaissance des usagers sont tellement compliquées, voire illisibles que nombreux sont ceux qui renoncent à emprunter le rail.


L’association « Rail Vaux d’Yonne » et celle des « Amis du Canal du Nivernais » se mobilisent. En effet à l’heure où le Conseil Régional et le Département investissent de plus en plus dans des rames modernes ou des renouvellements de voies, où le tourisme le long du canal du Nivernais est promu, où la vélo- route est conseillée et l’abandon de la voiture encouragé, proposer une information claire et attractive aux usagers et touristes serait des plus appréciées.
En outre, le nombre de dessertes avec changements a certes été légèrement augmenté mais au profit des cars à partir de Cravant.


Courrier de l’Association Rail Vaux d’Yonne à Madame la Présidente des Amis du Canal du Nivernais:


Ces dernières années, les collectivités ont participé à hauteur de 35 millions € à la réfection des voies, en contrepartie d’une amélioration conséquente des vitesses pour les voyageurs. Or, nous constatons, au contraire, du moins pour ce qui concerne la branche Clamecy-Corbigny, que les temps de parcours ont été considérablement allongés par les attentes insupportables dans les gares et des vitesses réelles inférieures à celles pratiquées il y a dix ans et plus. Le nombre de dessertes avec changements a certes été légèrement augmenté, mais au profit de cars à partir de Cravant, ce qui notons-le, obère le tourisme sur vélo routes, objet lui aussi d’investissement considérables des départements. Ce transfert sur route et les temps de parcours allongés de 25 à 30 minutes pour des raisons dites techniques (en fait pour privilégier la branche Avallon) pénalisent donc particulièrement la branche Cravant-Clamecy-Corbigny, et incite l’usager à rejoindre en voiture, au mieux Cravant, et au pire Auxerre, d’autant plus que billets et horaires convenables et renseignements y sont délivrés (l’augmentation exponentielle du remplissage des parkings d’Auxerre en témoigne). Ajoutons à cela que, en dépit de nos demandes réitérées en Comité de Ligne, l’affichage en gare se limite vers le Nord à Laroche, sans heure d’arrivée ni de départ pour Paris, Sens et Joigny, ce qui laisse croire que c’est un terminus. De même, en gares de Bercy, Laroche et même Auxerre, on n’indique pas les correspondances en sens in- verse, ce qui laisse croire qu’une seule branche Avallon ou Clamecy-Corbigny est desservie.

La complexité, confinant à l’illisibilité, des affiches (et à un moindre degré des dépliants) entraine une désaffection grandissante de nos gares de proximité, voire même un rejet définitif maintes fois exprimé par des usagers découragés !... Alors que, parallèlement, départements et régions investissent de plus en plus dans des rames modernes ou des renouvellements de voies soi-disant à bout de souffle. Certains se demandant d’ailleurs si le but poursuivi n’est pas finalement la remise au privé des transports pondéreux (granulats notamment) sur des voies rénovées au frais du contribuable. Pour toutes ces raisons, et pour ne pas perdre à terme l’atout économique considérable d’être desservi par le rail, nous avons décidé d’éditer un horaire
détaillé et lisible pour chacune de nos gares et haltes au sud de Cravant en direction de Clamecy-Corbigny. Ce type d’affichage existait en 2009, mais il est désormais clair que la SNCF, prétextant l’existence d’Internet s’y refuse. Si vous en êtes d’accord, ce nouvel affichage pourrait être présent sur les panneaux municipaux, dans les relais services publics (agences postales), les syndicats d’initiatives et évidemment à proximité des gares. Il n’a pas vocation à se substituer aux documents SNCF, régionaux ou « Mobigo », mais présente un aspect clair et pragmatique que nous jugeons indispensable pour l’information des usagers, potentiels ou non.
De plus l’association « Rail Vaux d’Yonne » se propose d’accentuer, toujours en accord avec les usagers, la SNCF, le Conseil régional et vous-même, ses propositions d’amélioration indispensable pour revenir à un bon niveau d’attractivité des deux branches Avallon et Clamecy, en ne privilégiant ni l’Yonne, ni la Nièvre.

Nous refusons le processus pervers d’abandon des ferroviaires voyageurs au Sud d’Auxerre. En effet, les anomalies que nous constatons ne peuvent que conduire à des suppressions drastiques à moyen terme par le manque de fréquentation induit par ces pratiques. L’agonie exemplaire du TGV Yonne des dernières années tout comme celle de la ligne Avallon-Autun ne doit pas se reproduire sur nos dessertes du Sud de l’Auxerrois.


Merci d’avance pour votre attention et votre mobilisation. Le sort du rail dans notre région en dépend, et avec lui, celui de notre région.


Le président de Rail Vaux d'Yonne, Michel Belin